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- +Why Solarbox is building Senegal’s EV ecosystem around the sun
- +1. Pourquoi le solaire change la donne au Sénégal
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Solarbox mène la révolution des véhicules électriques (VE) dans la région de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) avec des motos électriques, des tricycles et des camions légers chargés à l’énergie renouvelable. Mais pour comprendre pourquoi cette affirmation dépasse le simple discours de présentation, il faut commencer non pas par les véhicules — mais par le soleil.
Dans un article précédent, nous avons identifié un schéma récurrent à travers l’Afrique francophone : les VE ont du sens économiquement, les économies sur le carburant sont réelles, et la demande existe. Pourtant, l’adoption reste freinée par des obstacles familiers, notamment le faible soutien des politiques publiques, les taxes à l’importation élevées et les options de financement limitées pour les opérateurs du secteur informel.
Dans ce contexte, la startup VE sénégalaise Solarbox a adopté une approche différente. Fondée en 2022 par Tijan Watt et incubée au sein de Wuri Ventures, une société de capital-risque (VC) early-stage qui a soutenu des startups comme Carry1st, Kotani Pay et Jetstream. Watt est également co-fondateur et associé directeur de Wuri Ventures.
Selon lui, Solarbox n’attend pas que le réseau électrique s’améliore ni que les gouvernements introduisent des incitations. La startup a plutôt intégré l’énergie solaire directement dans son modèle économique. Pour Watt, ce n’est pas une solution provisoire. C’est la vision à long terme.
1. Pourquoi le solaire change la donne au Sénégal
Les combustibles fossiles, notamment le gaz et le diesel, restent une source d’énergie dominante au Sénégal. En 2024, le pays a produit 5,48 térawattheures (TWh) d’électricité à partir de produits pétroliers, alimentant environ 65 % de sa population. Watt affirme que le solaire est une ressource sous-exploitée qui pourrait aider le Sénégal à atteindre sa souveraineté énergétique.
Contrairement au pétrole, dont le prix est fixé sur les marchés mondiaux des matières premières, l’énergie solaire est locale par nature et largement à l’abri des chocs géopolitiques. Le Sénégal figure parmi les dix premiers pays mondiaux pour le potentiel de production solaire.
L’expérience de l’Éthiopie offre une comparaison utile : le pays a augmenté la pénétration des VE de moins de 1 % à 8,3 % en deux ans, portée en grande partie par une hydroélectricité abondante et bon marché. L’exemple illustre comment une énergie domestique abordable peut accélérer la mobilité électrique lorsqu’elle est soutenue par la bonne infrastructure et le bon environnement politique.
Pour mieux comprendre la thèse de Solarbox, nous nous sommes entretenus avec son fondateur Watt sur les raisons pour lesquelles il croit que la mobilité alimentée par l’énergie solaire pourrait transformer l’économie des transports au Sénégal et à travers l’Afrique.
Le tour de pré-seed d’un million de dollars de Solarbox en 2024 a réuni des investisseurs comme le Digital Energy Facility soutenu par l’Agence Française de Développement (AFD), aux côtés de Launch Africa Ventures, JLL Foundation et Teranga Capital.
Lina Kacyem : Le réseau électrique du Sénégal est déjà l’un des plus stables d’Afrique de l’Ouest francophone — moins de dix heures de coupure par an à Dakar et 41 % de pénétration des énergies renouvelables. Cela pourrait faire paraître l’intégration solaire comme quelque chose d’incrémental plutôt que de transformationnel. Comment répondez-vous à ce cadrage ?
Tijan Watt : Le Kenya fonctionne déjà à environ 90 % d’énergie renouvelable. Le solaire y est un complément. Pour nous, l’infrastructure VE alimentée par le solaire n’est pas une optimisation des coûts. C’est une voie vers la souveraineté énergétique. Les prix mondiaux du pétrole et du gaz sont fixés au niveau international. Même si le Sénégal produit son propre pétrole, les consommateurs restent exposés à la volatilité des prix mondiaux. La tarification solaire est intrinsèquement locale, à l’abri de la géopolitique et des cycles des matières premières. C’est une forme de souveraineté économique qu’on ne peut pas acheter avec un baril de pétrole.
Kacyem : Le Sénégal a récemment découvert du pétrole et du gaz offshore. Est-ce que ça ne change pas la donne, en rendant potentiellement les combustibles fossiles une source d’énergie domestique moins chère ?
Watt : Ça ne devrait pas détourner l’attention de l’opportunité solaire. Le Sénégal resterait exposé à la volatilité des prix internationaux même avec une production nationale — les prix mondiaux du pétrole sont fixés au niveau mondial, pas par les pays producteurs. La tarification solaire est locale. Et au-delà des prix, il y a des risques géopolitiques qui accompagnent la richesse pétrolière. Les pays qui découvrent du pétrole attirent des intérêts extérieurs qu’ils n’ont pas sollicités. L’énergie solaire n’a aucun de ces bagages. Le Sénégal figure parmi les dix premiers mondiaux en termes de potentiel de production solaire. C’est sur cette dotation que nous devrions construire.
Solarbox a commencé par servir des clients corporates comme DHL, FedEx, Orange et Paps Logistics, précisément parce que gérer une petite flotte organisée est opérationnellement faisable pour une startup. Mais le marché de masse a toujours été la destination. La société a déjà lancé un produit pay-as-you-go (PAYG) sans apport initial : les conducteurs scannent un code QR (quick response) et paient par mobile money. Aucune vérification de crédit, aucun compte bancaire, aucun dépôt. Le modèle reprend l’innovation du crédit téléphonique prépayé qui a transformé les télécommunications à travers l’Afrique — une approche délibérément calibrée sur les rythmes de revenus quotidiens des travailleurs du secteur informel, et conçue pour contourner les taux annuels effectifs globaux (TAEG) de 35 à 60 % pour le financement d’actifs, qui rendent les structures traditionnelles de location-vente prohibitives. Les petits paiements fréquents sont bien plus accessibles et bien mieux alignés avec la façon dont les gens gagnent leur vie dans ce marché. C’est le bon modèle — et il a déjà fait ses preuves à grande échelle dans un autre secteur sur ce continent.
L’interview continue après cette publicité.
